L'halitose, les situations
à risques occasionnelles

« Oh là là mais j’ai vraiment mauvaise haleine là, que faire ? ». Qui n’a jamais eu au moins une fois cette pensée ? Personne ! Qui cherche ou a cherché ou cherchera une solution pour avoir une bonne haleine ? Tout le monde !

Une fois écartée par un spécialiste une cause médicale orale ou extra-orale d’une mauvaise haleine entêtante mais surtout gênante pour soi et pour les autres, restent « les situations à risque » que l’on peut qualifier d’occasionnelles et sur lesquelles il est aisé d’agir soi-même sans avoir recours à un chirurgien-dentiste ou autre spécialiste. Que ce soit une hygiène bucco-dentaire défaillante, le tabagisme (cigarettes, pipe et/ou cigares), des goûts alimentaires qui prédisposent à la consommation d’aliments dont le métabolisme dégage des gaz malodorants (Composés Soufrés Volatils ou CSV) ou encore les situations pendant lesquelles le flux salivaire est réduit (stress, sommeil, etc.), nombreuses sont les situations qui favorisent la mauvaise haleine.

Voici quelques conseils pour limiter ces situations à risque et éviter d’avoir mauvaise haleine :

Avoir une hygiène bucco-dentaire irréprochable

Elle est souvent la grande oubliée de l’hygiène bucco-dentaire : la langue ! Or plus de la moitié des bactéries colonisant la cavité buccale se trouve sur la surface linguale, notamment les bactéries anaérobies à gram négatif dont l’activité forme des gaz malodorants, les fameux Composés Soufrés Volatils (CSV) responsables de la mauvaise haleine.

Les bactéries de la flore buccale aimant s’attaquer aux débris alimentaires, il est également nécessaire de nettoyer la bouche de tous les résidus alimentaires qui pourraient se trouver non seulement sur la langue mais aussi sur les dents, dans les espaces inter-dentaires, sur les gencives et à la jonction dent/gencive.
Pour cela, un bon brossage dentaire, idéalement après chaque repas, avec une brosse à dents en bon état, un dentifrice au fluor et un geste adapté : du rose vers le blanc, en haut comme en bas, comme le préconise le site de l’Union Française pour la Santé Bucco-Dentaire.

Pour nettoyer le biofilm lingual, le brossage de la langue peut se faire soit avec la brosse à dents soit avec un grattoir à langue . Petite astuce pour réduire le réflexe nauséeux : fermer les yeux !

Pour déloger tous les restes alimentaires, l’utilisation du fil dentaire et/ou d’une brossette inter-dentaire (quand l’espace inter-dentaire est suffisant) est efficace pour garantir l’élimination de la plaque dentaire là où la brosse à dents n’a pas accès. Pour leur utilisation, demandez à votre chirurgien-dentiste une démonstration.

Pour les personnes souffrant de mauvaise haleine sévère, l’utilisation de bain de bouche ou de spray antiseptique en complément du brossage mécanique sont un plus non négligeable pour maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire. A condition que les actifs utilisés aient démontré scientifiquement leur efficacité comme le digluconate de chlorhexidine et/ou le chlorure de zinc.

Enfin, quand un brossage n’est pas possible, l’utilisation d’un spray antiseptique après un repas ou chaque fois que vous n’êtes pas sûr de votre haleine, est recommandé.

Arrêter de fumer

Parce que c’est de toute façon nocif pour la santé, le tabagisme est à proscrire pour qui veut une haleine saine et fraîche.

Parfois utilisée pour masquer la mauvaise haleine, la cigarette entraîne une haleine caractéristique appelée « the smoker breath », l’haleine du fumeur, mélange de composants de la fumée ayant transités par les poumons et Composés Soufrés Volatils (CSV) de la flore buccale à l’origine de la mauvaise haleine.

De plus, la fumée de tabac contient elle-même des CSV et favorise la réduction du flux salivaire, tous deux incriminés dans la pathogenèse de l’halitose.

La solution ? Consulter un tabacologue qui vous aidera à diminuer puis à stopper votre addiction. Votre porte-monnaie et votre entourage vous diront merci… ainsi que vos poumons ! Ainsi, plus de mauvaise odeur liée au tabac, et en plus en supprimant l’odeur du tabac, vous améliorez vos chances d’avoir une meilleure haleine.

Éviter certains aliments

Certains aliments ont eux-mêmes un métabolisme qui dégage des Composés Soufrés Volatils (CSV) dont l’odeur nauséabonde se retrouve dans l’air expiré. Leur passage de la circulation sanguine vers les poumons est une des causes de l’halitose.

Parmi ces aliments on trouve l’ail et ses sulfures d’allyle méthyle, l’oignon, le café et bien sûr l’alcool dont l’abus provoque une odeur caractéristique d’ « haleine forte ».

La mauvaise haleine aï…ée !
Une fois récoltés, les bulbes d’ail sont stockés et préservés à très basse température, laps de temps pendant lequel le processus d’oxydation, notamment des protéines, est accéléré et engendre la formation du sulfure de méthyle d’allyle, responsable de la mauvaise haleine. On peut donc en déduire que plus l’haleine est chargée en ail, plus le bulbe consommé était âgé. En conclusion, préférez l’ail frais pour limiter le risque d’halitose !

La liste des aliments responsables de la mauvaise haleine est également composée des produits laitiers dont la décomposition par les bactéries engendre des CSV tout comme celle des protéines. En effet, l’hydrolyse des protéines entraîne la formation d’acides aminés qui, une fois métabolisés, ont en grande partie comme substances finales des CSV.

Pour finir, le métabolisme des protéines (anchois, pâté, fromages, etc.) agit sur le pH buccal en l’alcalinisant c’est-à-dire en l’augmentant or un pH basique stimule les enzymes favorisant l’halitose car il crée un terrain propice au développement des CSV.

Bien s’hydrater en buvant régulièrement de l’eau

Avoir la bouche sèche entraîne souvent une mauvaise haleine. Que ce soit au réveil, après une séance de cinéma, un spectacle, un long trajet en train ou en avion… rester sans parler longtemps est souvent suivi d’un moment délicat quand on ré-ouvre la bouche !

La mauvaise haleine se nourrit de l’absence d’air. En effet, les bactéries responsables de l’halitose, les fameuses bactéries anaérobies, n’ont pas besoin d’air pour fonctionner.

Comment créer alors une situation qui leur soit défavorable ? En buvant beaucoup et régulièrement de l’eau car les bactéries anaérobies supportent mal un environnement humide.