La femme enceinte
et la mauvaise haleine

Ça commence par une ligne bleu (ou rose) sur un test urinaire, puis une joie débordante et communicative, l’annonce officielle et les sourires qui illuminent les visages de l’entourage, le plaisir d’une nouvelle garde robe pour pouvoir caser le nouveau bidon qui se dessine, les séances shopping desquelles on rapporte une flopée de petits bodys, pyjamas, tee-shirts tous plus ravissant les uns que les autres, un futur papa aux petits soins, les « envies de femmes enceintes » qui autorisent tous les délires alimentaires les plus débridés en toute légitimité !

Ça, c’est le côté pile de la grossesse.

Mais, car il y a un « mais », il y a aussi un côté face. Composé des quelques inconvénients, plus ou moins importants selon les femmes : les nausées, les vergetures, la fatigue, etc. sans oublier un des désagréments les moins glam’ de la grossesse : la mauvaise haleine. Car, oui, même une future maman peut sentir mauvais de la bouche !

Mais pourquoi les femmes enceintes souffrent-elles d’halitose ? Et quelles sont les solutions spécifiques à la mauvaise haleine quand on est enceinte ?

Rappel sur l’halitose

L’halitose est le terme scientifique pour désigner la mauvaise haleine, c’est-à-dire un souffle buccal et nasal malodorant. L’odeur nauséabonde de l’haleine est due à l’apparition de Composés Soufrés Volatils (CSV), synthétisés par la dégradation de résidus alimentaire par les bactéries anaérobies de la flore buccale.

Les origines de la mauvaises haleine

Contrairement aux idées reçues, son origine est dans plus de 70 % des cas d’origine bucco-dentaire : hygiène dentaire défaillante, micro lésions dans la bouche, maladies parodontales, etc.

Viennent ensuite les causes ORL (sinusite, amygdalite caséeuse, etc.) et affections digestives, pulmonaires, rénales, endocriniennes (diabète, etc.), métaboliques (déshydratation par exemple), ou encore la prise de  certains médicaments comme les psychotropes qui peuvent assécher le flux salivaire.

La consommation de certains aliments dont le métabolisme génère des CSV peut également être incriminée dans la mauvaise haleine. Ouf, les envies de femmes enceintes se portent plus sur les fraises que sur les oignons ou l’ail dont les composés volatils nauséabonds sont exhalés par les poumons et ressortent par la bouche et le nez !

Le saviez-vous ?
L’ail est un cas particulier. Après consommation, l’odeur typique de l’ail (sulfures d’allyle méthyle) apparaît une demi-heure après et peut persister pendant 72 heures, malgré tous les brossages de dents et autres solutions efficaces contre la mauvaise haleine.

Grossesse et halitose : les solutions

Même si la grossesse n’est pas un facteur déclenchant d’halitose, certains changements liés à ce nouvel état peuvent favoriser l’apparition de la mauvaise haleine.

Avec les perturbations hormonales, le risque de gingivite augmente. Les gencives saignent plus facilement et comme il est naturel de ne pas aimer souffrir, l’hygiène bucco-dentaire devient plus « light » sur les zones sensibles. Se créent alors, au sein de la bouche, des « nids » propices à la stagnation de résidus dentaires et à la formation de plaque dentaire qui, avec le temps, va se transformer en tartre et conduire à une inflammation des gencives (gingivites). Les bactéries vont alors se régaler et les mauvaises odeurs s’en donner à cœur joie !

Une visite chez le dentiste est utile pour, d’une part, dépister et soigner d’éventuelles lésions carieuses et maladies gingivales et, d’autre part, retrouver une hygiène bucco-dentaire irréprochable.

Le saviez-vous ?
L’Assurance Maladie propose à toutes les femmes enceintes (dès le 4ème mois de grossesse et jusqu’au 12ème jour après l’accouchement) de bénéficier d’un examen de prévention bucco-dentaire pour vérifier la santé des dents et gencives. Cet examen est intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie, sans avoir à faire l’avance des frais. C’est une excellente occasion d’aborder avec un spécialiste le problème de la mauvaise haleine lors de sa grossesse.

Autres inconvénients liés à la grossesse et pouvant induire la mauvaise haleine : les nausées et vomissements, symptôme le plus fréquent du début de grossesse (notamment les 3 premiers mois) et concernant 70 % des futures mamans.

Pour les limiter, et ainsi diminuer le risque de mauvaise haleine, voici quelques conseils :
− fractionner les repas en mangeant des aliments en petites quantités, puis se laver les dents idéalement après chaque prise alimentaire afin d’éviter la stagnation de débris alimentaires que la salive ne suffirait pas à nettoyer,
− cela est une évidence mais mieux vaut quand même le répéter : éviter la fumée de cigarette et la caféine.

Le dernier trimestre de grossesse a lui aussi son lot de surprises avec, entre autres, le Reflux Gastro-Oesophagien (RGO) de fin de grossesse (courage c’est bientôt la fin !). Bébé prenant davantage de place, il exerce une pression ascendante sur l’estomac et les aliments remontent donc plus facilement l’œsophage, pouvant laisser un mauvais goût acide dans la bouche.

Pour les éviter :
− éviter de consommer les aliments connus pour augmenter le reflux gastrique tels que le café, les tomates, le chocolat, etc.
− fractionner les repas et éviter d’en prendre de trop copieux,
− éviter de se pencher en avant ou de se coucher immédiatement après les repas,
− surélever la tête du lit et dormir sur le dos.