Bébé & enfant ont
mauvaise haleine

Depuis qu’il est né, il est beau, même le plus beau du monde, le plus intelligent, le plus drôle mais… mais il sent mauvais de la bouche ! Eh oui, même pour les plus aimants des parents, il existe une réalité qui saute aux yeux, ou plutôt au nez : la mauvaise haleine de leur progéniture !

Au secours, mon enfant sent mauvais de la bouche, que faire ? Pas de panique. Les causes peuvent être nombreuses, les solutions aussi.

Petit rappel sur l’halitose

C’est un air malodorant qui sort de la bouche. Cet air est à base de Composés Soufrés Volatils (CSV), libérés soit après la digestion de certains aliments soit, et surtout, par la dégradation de protéines salivaires ou de débris alimentaires. Les germes incriminés dans la production des CSV sont des bactéries anaérobies, présentes en grande quantité notamment dans le relief de la muqueuse linguale.

La bouche : le palais royal de l’halitose

L’origine de la mauvaise haleine est dans la majorité des cas buccale. Pourquoi ? Parce que c’est là que les résidus alimentaires, abandonnés et non nettoyés par un brossage efficace, se décomposent et dégagent, sous l’effet de bactéries anaérobies, des CSV dont l’odeur nauséabonde est à l’origine de l’halitose.
La solution ? Une hygiène bucco-dentaire plus rigoureuse notamment entre les dents, sur la langue et à la jonction des dents et des gencives qui sont autant de localisations propices à la décomposition de débris alimentaires. D’où l’intérêt, assez tôt (vers 5 ans), d’amener votre enfant chez le dentiste : d’une part, pour s’assurer que tout va bien et soigner d’éventuelles caries ou autres lésions de la bouche et, d’autre part, afin que votre enfant soit instruit sur l’art de bien se brosser les dents par un spécialiste.

Le saviez-vous ?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les caries ne sont pas directement responsables de la mauvaise haleine. En revanche, leur présence étant souvent le reflet d’une hygiène bucco-dentaire défaillante, elles sont souvent associées au problème de l’halitose. Cependant, la carie non soignée, en tant que maladie infectieuse, peut générer des odeurs désagréables… tout comme les aphtes, qui sont des ulcères certes superficiels mais douloureux de la muqueuse buccale.

La sphère ORL, l’antichambre de l’halitose

Avant que sa dentition ne soit complète, un enfant, même bébé, peut souffrir d’halitose.

Donc bébé a mauvaise haleine. Pas de panique celle-ci passagère peut être liée à un problème ORL tel qu’une angine, une rhinopharyngite, un rhume, une sinusite. Une fois l’affection soignée par une visite chez le pédiatre, tout rentre dans l’ordre assez rapidement.

En revanche, si l’halitose persiste, une consultation chez un Oto-Rhino-Laryngologiste (ORL) est nécessaire pour trouver son origine. Nez constamment bouché par des végétations trop importantes ? Toux nocturne et céphalées imputables à une rhinosinusite chronique ? Présence d’un petit objet coincé dans le nez ? Amygdales infectées ? Respiration buccale (qui assèche la bouche et réduise le flux salivaire) ?

Toutes ces situations peuvent expliquer une halitose chronique chez l’enfant que l’ORL pourra traiter.

Citons quelques exemples de traitements. Dans le cas d’une amygdalite caséeuse, l’ORL délogera les amas de caséum nauséabonds (petites boules jaunâtres logés dans une seule ou les deux amygdales). Dans le cas d’une respiration buccale, la déglutition n’étant plus automatique, la salive stagne, la bouche s’assèche et les bactéries se développent. Si cela n’intervient que la nuit, et cause de bruyants ronflements, la mauvaise haleine ne sera présente qu’au réveil. Brossage des dents, de la langue et un bon petit-déjeuner avec des solides (dont la mastication entraîne un nettoyage des parois de la bouche) la feront disparaître. Mais si la respiration buccale est autant nocturne que diurne, l’ORL fera un examen plus poussé pour trouver la cause de l’obstruction nasale et la soigner.

Les autres cause de la mauvaise haleine chez l’enfant

La mauvaise haleine peut être un effet secondaire d’une maladie endocrinienne comme le diabète ou une affection rénale. La prise de certains médicaments peut également induire une halitose.

Enfin, certains aliments, métabolisés entre autres par des bactéries anaérobies, sont responsables d’odeur désagréable lors de leur digestion.

Un nourrisson peut-il souffrir d’halitose ?

Quand après chaque repas, bébé pleure, se tord dans tous les sens, que rien n’y fait, même les bras de ses parents, pour le calmer, il y a fort à parier qu’il souffre de RGO. Le RGO, kesako ?

Le Reflux Gastro-Oesophagien (ou RGO) du nourrisson est la remontée du contenu de l’estomac dans l’œsophage. Cette remontée est imputable, d’une part, à l’immaturité du muscle qui ferme l’orifice entre l’œsophage et l’estomac et, d’autre part, à la petite capacité de l’estomac qui, distendu à chaque tétée/biberon, tarde à évacuer le lait vers le duodénum (première partie de l’intestin grêle). Les conséquences du RGO, quand elles sont visibles, sont des régurgitations et vomissements après chaque prise alimentaire.

Le plus souvent sans gravité, le RGO apparaît assez fréquemment chez les bébés avant l’âge de 3 mois. Dès l’acquisition de la position assise, le RGO diminue pour nettement s’améliorer quand l’enfant maîtrise la position debout. On parle alors de RGO simple.

Pourquoi le RGO est-il souvent associé à un problème de mauvaise haleine ?

Tout d’abord parce qu’en cas de vomissements et régurgitations fréquents (quand on sait qu’un nourrisson peut manger 6 fois par jour…), sa bouche est constamment en situation de sentir le lait mal digéré.

Enfin, parce que dans certains cas, le RGO favorise d’autres affections, telles que des sinusites, rhinopharyngites ou encore apnées physiologiques ou pathologiques, elles-mêmes responsables d’halitose.

Trucs et astuces pour limiter le RGO
− si vous n’allaitez pas, et après accord de votre pédiatre, utilisez des laits à formule épaissie,
− le fractionnement des repas permet de faire des pauses et notamment de faire faire un rot à votre bébé afin qu’il évacue l’air qui prend inutilement de la place dans son estomac,
− dès que votre enfant est en âge de consommer des aliments solides, et après accord de votre pédiatre, proposez-lui des aliments solides,
− couchez votre bébé sur le dos, avec la tête légèrement surélevée,
− après chaque prise alimentaire, attendez au moins une demi-heure avant de le recoucher et profitez-en pour lui faire faire son rot (même en cas d’allaitement).