Les bactéries
anaérobies

Pour bien combattre la mauvaise haleine, encore faut-il connaître son origine.
Dans 90 % des cas, les solutions pour soigner l’halitose sont à chercher… dans la bouche elle-même. Les responsables se trouvent dans la flore buccale composée de 600 différents types de bactéries, parmi lesquelles les bactéries anaérobies gram négatif responsables d’émanation pestilentielle. Regroupés sous le nom de CSV (Composés Soufrés Volatils), ces gaz s’appellent le méthylmercaptan, le sulfure de méthyle ou le sulfure d’hydrogène.

Que sont les bactéries anaérobies ?

Où trouver les bactéries anaérobies ?

Les bactéries anaérobies sont des organismes vivants qui n’ont pas besoin d’air ou de dioxygène (O₂) pour fonctionner. Elles peuvent provenir de l’environnement, mais la plupart du temps ces micro-organismes anaérobiques sont issus de la flore endogène normale de l’homme. Confinées à certains site tels que les muqueuses, la peau, le tube digestif, elles sont aussi présentes dans la sphère bucco-pharyngée notamment associées à des cocci à Gram positif et sont donc présentes dans la bouche.

Ces bactéries sont également sensibles au pH. Un milieu basique favorise leur prolifération et donc la mauvaise haleine.

Les bactéries anaérobies de la flore buccale

Dans la bouche, ces bactéries anaérobies sont responsables, entre autres, de la décomposition des protéines contenues dans les débris alimentaires ainsi que de certaines infections (abcès dentaires, gingivites, parodontites, etc.). Ce processus génère des CSV (Composés Soufrés Volatils) à l’odeur désagréable qui se mélangent à l’haleine.

Parmi les 600 bactéries de la cavité buccale, près de 60 à 80 % d’entre elles se trouvent sur la langue. Par ses 9 cm de longueur en moyenne (recto et verso) et sa structure papillaire, la surface de la langue est un refuge parfait pour les bactéries anaérobies qui prolifèrent à l’abri de l’oxygène. Le dépôt lingual est donc une cause majeure – voire même, dans la majorité des cas, unique – de mauvaise haleine. Ce qui explique que bien souvent pour évoquer la mauvaise haleine on parle de langue pâteuse, langue jaune ou blanche ou encore de langue « chargée » et ce à juste titre car c’est à la langue en priorité qu’il faut s’attaquer pour remédier à la mauvaise haleine !

Il existe des cofacteurs pouvant induire la mauvaise haleine tels que une alimentation déséquilibrée, une forte consommation de café, d’alcool, de cigarettes, un débit de salive réduit, etc.

Les origines extra-orales existent également mais sont plutôt rares, principalement l’halitose d’origine ORL ou gastro-intestinales.

Comment éviter les effets néfastes des bactéries anaérobies ?

Responsables d’une haleine malodorante, les CSV (Composés Soufrés Volatils) à l’odeur pestilentielle sont donc à neutraliser. Pour éviter leur développement, il faut éviter que les bactéries anaérobies rentrent en action. D’où l’importance d’une hygiène bucco-dentaire sans faille qui permet de déloger les débris alimentaires que ce soit sur la langue, sur et entre les dents, à la jonction des gencives et des dents.

Pour cela il est important de privilégier une consommation suffisante et régulière d’eau qui permet de rincer la bouche et d’éliminer les restes alimentaires, rôle joué entre autres par la salive naturellement antibactérien et antifongique.

Une bonne hygiène dentaire

Mais la meilleure arme reste une hygiène bucco-dentaire efficace et régulière (après chaque repas de préférence) qui n’oublie le brossage ni des dents ni des gencives ni de la langue. Le brossage sera idéalement complété par l’utilisation de fil dentaire et/ou d’une brossette interdentaire pour déloger les restes alimentaires « coincés » et invisibles. Pour finir, un bain de bouche antibactérien – qui n’induira pas un pH basique de la bouche – pourra être utilisé.

Les solutions nomades

Quand le brossage dentaire est impossible, il existe des solutions « cosmétiques » qui permettent de masquer les mauvaises odeurs comme des pastilles ou chewing-gum à la chlorophylle, ou autres gommes à mâcher qui rafraîchissent momentanément l’haleine. Mais certaines d’entre elles augmentent le pH de la bouche, ce qui favorise la prolifération des bactéries dans la cavité buccale. Malheureux retour à la case départ !

Donc, en cas d’impossibilité d’un bon brossage, il faut privilégier des sprays contre la mauvaise haleine qui non seulement masquent mais aussi traitent la mauvaise haleine par une action anti-bactérienne efficace et durable.

En cas de persistance de la mauvaise haleine, un rendez-vous chez un chirurgien-dentiste est préconisé afin d’écarter tout risque d’infection (gingivites, parodontites, lésions carieuses, etc.).